Lien vers ce message 01 Mars 2016, 10:53
Durant l’été 2014, nous avons réalisé un périple de 700 km en vélo (de route) sur 7 jours à l’aide de sacoches Vaude que des amis nous avaient gentiment prêtées. Pour l’été 2015, nous avons vu plus gros avec une traversée de la France d’est en ouest en passant le massif central (1000 km en 9 jours, toujours en vélo de route). Comme nous projetions de rester quelques jours en vacances sur le lieu de notre arrivée, nous avons cherché un moyen de transporter des bagages plus volumineux et plus lourds : la remorque monoroue. Loïc, du site Partir en VTT, nous a très gentiment prêté une remorque, qui plus est un modèle haut de gamme : La Bob Ibex. Voici le récit de notre voyage et notre ressenti vis-à-vis de la remorque.

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Le parcours emprunté en 2014 était globalement plat : La Sologne, la remontée de la Loire en empruntant en grande partie (des secteurs sont non goudronnés) le tracé de la Loire à vélo, passage au bec d’Allier puis remontée du canal du Centre en Saône et Loire. Seuls les 3 derniers jours présentaient quelques difficultés : la traversée des collines Bourguignonnes entre Paray le Monial et Cluny, la montée dans le Valromey (col de la Lèbe) et le passage du col du Chat pour arriver à notre destination : Le Bourget du Lac où nous résidons.
Côté matos vélo, nous avions nos vélos de route : un bon vieux Gitane pour ma femme et un encore plus vieux Décathlon Cobra 630 de 1998 qui affichait fièrement plus de 50 000 km au compteur pour moi. Je suis plutôt poids plume, ce qui nous a fait dire que je devais peu solliciter le Cobra et qu’on pouvait se permettre de lui rajouter le matériel à transporter : l’essentiel uniquement car nous dormions en chambre d’hôtes et nous mangions au resto (périple 3 étoiles). Des amis nous ont très gentiment prêté 2 sacoches Vaude étanches de 48L chacune et un porte bagage à fixer à l’arrière sur l’axe de roue et la tige de selle. Même si nous n’emportions que l’essentiel, les sacoches étaient presque pleines mais de poids relativement limité (6 à 8 kg dont 1 pour les antivols…). Nous avons ajouté une petite sacoche sur le guidon, facile à détacher et emporter pour les papiers et la carte (on voyage sans GPS)
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Au final, le ressenti a été très positif : aucun problème sur le plat, juste un peu plus d’inertie pour lancer le Cobra alourdi, mais on tenait facilement les 30/35 km/h. Dans les montées, j’étais à la traîne avec 2/3 km/h en moins que d’habitude. Les descentes étaient prises avec précaution mais uniquement par crainte des dégâts potentiels sur le vélo en cas de trou dans la chaussée. Nous n’avons jamais dû rouler sous la pluie (juste une bruine au passage du Bec d’Allier) ni rouler sur chaussée fortement mouillée. Les freins du Cobra ont toujours été capables d’arrêter le convoi. Dans les montées, il était difficile de passer en danseuse avec les sacoches (à mon grand malheur car j’en suis friand et mon derrière aussi), mais pas impossible : J’ai réussi quelques tours de pédale l’arrière train levé histoire de faire circuler un peu le sang. Mais attention, c’est au cycliste de passer d’un côté et de l’autre du vélo, qui lui doit rester vertical, sous peine de chuter emporté par le poids des sacoches.
Le maniement du vélo à l’arrêt n’était pas difficile mais nécessitait de l’attention, de nouveau pour ne pas pencher le vélo. Les sacoches ne posaient pas de problème pour attacher le vélo sur un U ou un poteau.
La seule ombre au tableau a finalement été pour le Cobra : une fissure est apparue sur la soudure supérieure d’un des tubes du cadre qui remonte de l’axe de la roue vers la tige de selle. La bête étant en acier, un de nos amis soudeur a remis le Cobra sur pied (ou plutôt sur roue). J’avoue ne pas bichonner mon vélo autant qu’il le mérite et je ne suis pas certain que la fissure soit apparue pendant le périple en vélo. Le doute subsiste donc sur la capacité du Cobra à supporter des sacoches en plus de son propriétaire.
Au final beaucoup de positif pour ce périple en vélo avec sacoches. Ravis de cette 1er expérience, nous souhaitions renouveler l’essai pour l’été 2015 mais cette fois ci en ralliant le bassin d’Arcachon depuis le Bourget du Lac. Si le parcours était un peu plus long, nous avons planifié des étapes de distance comparable à celle de 2014. Le relief était cependant bien plus accidenté avec notamment le nord Ardèche, la Haute Loire et le Cantal. Comme nous envisagions de rester quelques jours à notre arrivée et que nous souhaitions faire une randonnée dans le Cantal, il nous fallait emporter un peu plus que l’essentiel. L’ajout d’une ou de plusieurs sacoches supplémentaires (une sur les 2 sacoches arrières ou 2 sur la roue avant) ne nous a pas enchanté compte tenu de l’incertitude sur la capacité du Cobra à les supporter. Nous avons donc jeté notre dévolu sur les remorques monoroue qui nous semblaient bien adaptées et moins sollicitantes pour le vélo puisqu’une partie du poids repose sur la roue de la remorque. Après quelques recherches sur la toile pour comparer les différents types de modèles et voir les avis éclairés des cyclistes ayant testé des remorques monoroue, je suis tombé sur le site Partir en VTT créé par Loïc. J’y ai trouvé un comparatif très instructif de plusieurs remorques haut de gamme ainsi que des avis sur le matériel qu’on peut vouloir emmener en vélo ou en itinérant (ça vaut aussi pour la rando). Le site est axé plutôt VTT, comme son nom l’indique. Mais qui peut rouler sur les chemins peut rouler sur la route alors je me suis dit que les informations étaient bonnes à lire. A la lecture de Partir en VTT, nous projetions d’acheter la remorque Bob Yak. Puis j’ai découvert sur le site que … proposait un prêt gracieux de quelques unes de ses remorques pour effectuer un voyage à vélo pour l’été 2015. Après lui avoir expliqué notre projet, il nous a conseillé la Bob Ibex qui n’est autre que la Bob Yak mais équipée d’un amortisseur pour une utilisation en tout terrain. L’affaire était conclue, il ne restait plus qu’à affiner notre préparation avant le départ.

Le montage de la Bob s’est avéré très simple avec une notice claire et très détaillée (je suis du genre à lire les notices avant le montage et j’apprécie ce genre de notice). Il a uniquement fallu scier l’extrémité de l’axe rapide fourni avec la remorque (conformément à la notice) car il était trop grand pour mon Cobra. Je n’ai pas eu le temps de faire un tour avec l’engin avant notre départ, si ce n’est sur une cinquantaine de mètres devant chez nous avec en prime un test réussi de demi-tour sur la route (4 m de large). Cet exploit surhumain a cependant été réalisé remorque vide et je n’ai pas eu l’occasion de le tester à nouveau pendant le voyage.
Côté sac, Loïc nous a également prêté le sac Bob étanche (et ça, nous avons pu le vérifier…) donné pour un volume maximum de 90 L. Nous n’avons pas rempli le sac à pleine capacité et nous ne l’avons pas pesé avant notre départ. La remorque est donnée à vide pour 7 à 8 kg. En tenant compte des antivols (un de plus pour la remorque), le poids total ajouté devait être de 15 à 20 kg. Le côté pratique de la remorque c’est la facilité de rangement des antivols et des roues de secours (au fond de la remorque, sous le sac Bob).
Les premiers kilomètres de notre voyage étaient en descente. J’ai immédiatement ressenti une tendance du convoi au roulage au-delà de 45 à 50 km/h. Je ressens le même phénomène avec mon vélo seul mais à des vitesses de plus de 70 km/h. Je ne sais pas si la sensation ressentie avec la remorque était due à mon vélo (léger voilage des roues) dont l’effet était accentué par le poids de la remorque ou à la remorque. Pour le reste du voyage, j’ai préféré limiter ma vitesse à 50 km/h maximum dans les descentes, alors que contrairement à l’année précédente avec les sacoches, je n’avais aucune crainte pour le vélo ou la remorque qui réagissait très bien du reste aux petits défauts de la chaussée grâce notamment à l’amortisseur. Je n’ai jamais testé de Bob Yak (donc sans amortisseur) mais il faut avouer que la Bob Ibex m’a impressionnée sur sa capacité à coller à la route et à faire coller les bagages avec elle, ce qui était très appréciable même pour des vélos de route.

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Voyageur à vélo bob ibex


J’ai ressenti globalement une plus forte résistance sur le plat. J’avais énormément de difficulté à rouler à 30 km/h et j’ai dû le plus souvent « sucer la roue » de ma femme. J’ai même décroché quelques fois comme lors de la dernière étape, au beau milieu de la forêt des Landes où le relief ne peut être mis en cause…. Si j’en crois mon expérience de 2014 avec les sacoches, un poids supplémentaire ne doit pas apporter beaucoup plus de résistance une fois lancé. J’en conclue donc que la roue supplémentaire est à l’origine de cette résistance. Nous avons conservé le pneu cranté qui équipait la remorque. Peut être qu’un pneu lisse améliorerait le rendement.
J’ai eu beaucoup plus de mal à monter que l’an passé mais là je ne sais pas si c’est dû à la roue supplémentaire ou au poids supplémentaire ou à l’année supplémentaire (je me fais vieux). Une dizaine de kilos de plus peuvent tout à fait expliquer la difficulté dans les cotes. Et c’est un des gros désavantage des remorques : leur poids à vide. Je me suis vite retrouvé à 7 km/h dans des pentes de 8%. Lors d’une montée épique vers une de nos chambres d’hôtes (plus de 10% pendant 2.5 km), j’ai même cru que j’allais poser pied à terre. Il est vrai également que les développements des vélos de route ne sont pas adaptés à ces vitesses (32*25 sur mon Cobra). Peut être qu’avec un développement plus adapté, j’aurai trouvé les montées, non pas plus rapides, mais moins difficiles.
Côté freinage, je n’ai pas ressenti de difficulté particulière (rappelons que je suis un poids plume), sauf… sous la pluie. Car cette année nous avons pris la pluie. 2 jours de pluie en Dordogne après 2 jours de canicule dans le Lot. En descente sous la pluie, pour éviter les bouchons de Sarlat, je ne pouvais plus arrêter le vélo poussé par la remorque. Il est clair qu’avec du poids en plus, des freins à disque sont presque indispensables. Vivement leur arrivée sur les vélos de route.
Ces 2 jours de pluie nous ont permis de tester l’étanchéité du sac Bob : parfaite. Rien n’était mouillé à l’intérieur du sac. Il faut cependant rappeler que nous n’avons pas rempli complètement le sac et que cela nous permettait de faire plusieurs tours au niveau de la fermeture du sac. Un seul tour n’aurait peut être pas eu la même efficacité (En fin de sortie, il faut penser à bien lever la remorque pour drainer l’eau qui rentre dans les tubes et éviter la corrosion).
Si la danseuse était délicate avec les sacoches l’an dernier, elle s’est révélée impossible avec la remorque. Le poids de la remorque et du sac était trop important et faisait partir le vélo dès qu’on le penchait. Mais des sacoches plus lourdes que celles que nous avions l’an dernier auraient peut être eu le même effet.
Le maniement du vélo à l’arrêt avec la remorque n’est pas facile. Les marches arrière nécessitent la même dextérité que pour une voiture avec remorque. L’aide de ma femme, qui était capable, si nécessaire, de soulever la remorque pour faciliter la manœuvre était donc la bienvenue. Trouver une place où attacher le vélo est difficile en ville (convoi long). Il faut de plus attacher le vélo et la remorque, ce qui n’est pas toujours aisé.
Une bonne surprise avec la remorque a été la sympathie des gens croisés sur notre route et, ce qui n’est pas négligeable, des automobilistes. On a constaté que ces derniers avaient tendance (pour la plupart, il y a toujours les as du volant) à ralentir et à s’écarter pour nous doubler. Je ne sais pas si c’est la vue d’un vélo tractant une remorque (on en voit encore peu) ou le petit drapeau jaune de la Bob, mais on avait du succès et le comportement des automobilistes était plutôt rassurant. On a senti une différence avec le périple en sacoches.
Enfin la remorque présente un côté pratique de pouvoir facilement y accrocher un petit sac en plus. Pratique pour y mettre les vêtements encore mouillés pour qu’ils sèchent au vent ou les pique-nique achetés en cours de route. Pour les attacher nous avions emmené un tendeur.
Le Cobra est arrivé à bon port et n’a pas souffert d’avoir tracté la Bob Ibex.
Donc finalement, si on tente une comparaison avec les sacoches, les points négatifs pour la remorque sont le poids à vide qu’il faut trainer dans les bosses, la roue supplémentaire qui ralentit sur le plat, l’effet de roulis ressenti à haute vitesse et les difficultés de maniement et de stationnement en ville. Les points positifs sont la qualité de la tenue au sol (certainement améliorée par l’amortisseur de la Bob Ibex), la capacité de transport (90L et 30 kg si nécessaire) sans abîmer le vélo, l’étanchéité du sac Bob, le côté pratique du rangement dans la remorque et la sympathie des automobilistes pour un engin encore peu répandu.
Merci encore à Loïc et à Partir en VTT de nous avoir permis ce merveilleux voyage et le test de la Bob Ibex.

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Message édité 2 fois, dernière édition par Loic, 01 Mars 2016, 10:55  

On ne va jamais aussi loin que lorsqu'on ne sait où l'on va...